lundi 19 novembre 2012

Le Turquetto - Metin Arditi


Quatrième de couverture :
Se pourrait-il qu'un tableau célèbre - dont la signature présente une anomalie chromatique - soit l'unique oeuvre qui nous reste d'un des plus grands peintres de la Renaissance vénitienne : un élève prodige du Tition, que lui-même appelait "le Turquetto" (le petit Turc)?
Metin Arditi s'est intéressé à ce personnage. Né de parents juifs en terre musulmane (à Constantinople, aux environs de 1519), ce fils d’un employé du marché aux esclaves s’exile très jeune à Venise pour y parfaire et pratiquer son art. Sous une identité d’emprunt, il fréquente les ateliers de Titien avant de faire carrière et de donner aux congrégations de Venise une oeuvre admirable nourrie de tradition biblique, de calligraphie ottomane et d’art sacré byzantin. Il est au sommet de sa gloire lorsqu’une liaison le dévoile et l’amène à comparaître devant les tribunaux de Venise…
Metin Arditi dépeint à plaisir le foisonnement du Grand Bazar de Constantinople, les révoltes du jeune garçon avide de dessin et d’images, son soudain départ... Puis le lecteur retrouve le Turquetto à l’âge mûr, marié et reconnu, artiste pris dans les subtilités des rivalités vénitiennes, en cette faste période de la Renaissance où s’accomplissent son ascension puis sa chute.
Rythmé, coloré, tout en tableaux miniature, le livre de Metin Arditi convoque les thèmes de la filiation, des rapports de l’art avec le pouvoir, et de la synthèse des influences religieuses qui est la marque particulière du Turquetto.
Né en Turquie, familier de l’Italie comme de la Grèce, Metin Arditi est à la confluence de plusieurs langues, traditions et sources d’inspiration. Sa rencontre avec le Turquetto ne doit rien au hasard, ni à l’histoire de l’art. Car pour incarner ce peintre d’exception, il fallait d’abord toute l’empathie – et le regard – d’un romancier à sa mesure.



Mon (humble) avis :

Et bien, que dire... J'ai beaucoup aimé cet essai-roman. C'est moi qui l'appelle comme ça. Car tout au long de ma lecture, je n'ai pu m'empêcher de penser qu'il s'agit là d'une tentative d'explication. Ce qui est bien ce que l'auteur/l'éditeur veut faire passer au lecteur, vu le résumé.
Assez court, le styles est clair et limpide, pas de circonvolutions inutiles. Cela rend évidemment la lecture assez percutante. J'ai découvert une région, des traditions que je ne connaissais pas. Une ville, un environnement assez complexe, des relations fortes et difficiles. Pourtant, le tout exprimé avec justesse. Au-delà d'une explication possible d'un mystère de l'histoire de l'art (ce qui m'intéressait tout d'abord quand j'ai emprunté ce livre à la bibliothèque), nous avons là un magnifique roman sur les relations : les relations familiales, les relations conjugales, les relations à la religion et entre les religions,... Les relations entre religion et politique à Venise à cette époque, les relations entre les différentes religion et l'art...
Tous ces sujets complexes en un livre d'un peu plus de 200 pages, assez clairement exposés et conservant une force expressive... J'en ai été assez épatée. De plus, il ne faut pas nécessairement avoir une connaissance approfondie de ces choses, car tout est bien exprimé. Une curiosité en découle plutôt.
Un autre point positif concerne plutôt l'objet : j'adore la façon dont Actes Sud se démarque des autres éditeurs, niveau format. Et puis ce papier, un peu jaunâtre, épais,... Un plaisir à manipuler!
J'ai vraiment été séduite par ce livre.
Références :
Auteur : Metin Arditi
Titre : Le Turquetto
Genre : Roman
Edition : Actes Sud
Mon appréciation : Coup de coeur

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