mardi 12 février 2013

Le complot contre l'Amérique

Quatrième de couverture :

Lorsque le célèbre aviateur Charles Lindbergh battit le président Roosevelt aux élections présidentielles de 1940, la peur s'empara des Juifs américains. Non seulement Lindbergh avait, dans son discours radiophonique à la nation, reproché aux Juifs de pousser l'Amérique à entreprendre une guerre inutile avec l'Allemagne nazie, mais, en devenant trente-troisième président des États-Unis, il s'empressa de signer un pacte de non-agression avec Hitler. Alors la terreur pénétra dans les foyers juifs, notamment dans celui de la famille Roth.

Mon (humble) avis : 

Voici un livre assez particulier. Il s'agit d'une sorte de vision de ce qui aurait pû se passer, si la donne avait été différente lors des années précédant la Seconde Guerre Mondiale.

Nous sommes en Amérique, dans la famille Roth, juive, habitant Newark. Admirateurs de Roosevelt (FDR), travailleurs honnêtes. A travers les yeux du fils cadet, Philip on assiste à l'arrivée au pouvoir de Lindbergh, qui sympathisera avec Hitler. Mais ce n'est pas tout, à la fin du roman, il disparait, et l'on voit aussi une dynamique assez étrange se mettre en place pour le discréditer (il avait finalement des "amis" juifs, alors quoi?)

Voici, en gros le sujet du roman. Bien-sûr, on a aussi  les anecdotes d'enfances du narrateur, la plupart du temps liées au contexte historique. L'hébergement de son cousin blessé qui s'est engagé au Canada, par exemple, ou bien son envie de fuir tout ça en se faisant passé pour un orphelin,...

J'ai d'abord été un peu perturbée, ne m'étant pas rendue compte tout de suite qu'il s'agissait d'une fiction totale : au début, tout semble normal puisque Roosevelt était bien président des Etats-Unis. Je me suis posé des questions : mais, je n'ai jamais lu nulle part que Lindbergh avait même été tout près de devenir président... Enfin, je m'en suis quand même relativement vite rendue compte. Mais bon, un début de lecture perplexe tout de même!
Je crois que l'effet de vraisemblance est évidemment recherché, et cela fonctionne (en tout cas sur moi). 

On a bien-sûr le point de vue de l'enfant, mais il expose bien-sûr ce qui se passe dans la presse, les émeutes provoquées... On a vraiment l'impression d'un documentaire, même s'il est mélangé aux anecdotes personnelles. Le style en dépend donc. Comme il s'agit d'un récit rétrospectif, le ton n'est pas du tout celui d'un enfant, mais d'une réflexion sur l'enfance vécue, plutôt. Alternée avec des passages qui relèvent plutôt de comptes-rendus, de discours et d'articles de presse (attention, pas tellement dans la mise en page, mais plutôt dans le ton du récit).

Dailleurs, à la fin du livre, les discours et biographies marquantes, réels, sont exposés. Lindbergh a bien dit qu'il fallait se méfier des juifs (même s'il disait aussi qu'il n'avait, en réalité rien contre eux). John Ford était antisémite. Bref, c'est quand même assez marquant. On voit, et c'est original, le point de vue des juifs qui ne sont pas impliqués directement en Allemagne, mais de part le monde : d'autant plus aux USA, un pays qui est fondé sur la liberté d'expression/d'opinion etc.

J'ai lu ce livre sur une longue période, en parallèle d'autres livres plus légers. J'ai apprécié cette lecture, bien construite, assez percutante. Cet auteur m'intéresse, un de mes professeurs nous avait demandé dans un questionnaire quel était un des plus grands écrivains américains des ces dernières années, et nous avions hésité, avec un de mes collègues. Et selon notre professeur, c'était Philip Roth. Il fallait donc bien que je tente l'aventure. Et je continuerai de le découvrir.



Références :
Auteur : Philip Roth
Titre : Le complot contre l'Amérique
Edition : Folio (Gallimard)
Mon appréciation : Bien

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