samedi 18 janvier 2014

Apologie du livre - Robert Darnton






Quatrième de couverture

Voici venu le temps des petits prophètes de la mort du livre sur papier. Mais l'univers des prophéties est loin de notre monde réel. Robert Darnton met en parallèle les moyens électroniques de communication avec la puissance libérée par Gutenberg voilà plus de cinq siècles ; en mesure les effets anthropologiques sur la lecture ainsi que les avantages mutuels qui lient bibliothèques et Internet ; il examine enfin nombre de problème d'ordre pratique, c'est-à-dire culturels - par exemple, pourquoi maintenir les acquisitions de livres imprimés tout en accroissant la place faite au numérique, support désormais privilégié par les jeunes générations? Par quel paradoxe la bibliothèque, en apparence la plus archaïque des institutions, est, du fait de sa position au coeur du monde du savoir, l'intermédiaire idéal entre les modes de communications imprimés et numériques?
Chemin faisant, le lecteur découvre, sous la plume du grand narrateur qu'est Robert Darnton, comment le livre met en forme la matière du monde ; combien les processus de transmission modifient les textes mêmes ; pourquoi le papier n'est entièrement remplaçable par le fichier numérique ; que Shakespeare prouve la nécessité de conserver plus d'un exemplaire d'un livre ; et ce que serait une République numérique des Lettres.

 
Mon (humble) avis

Avis très positifs durant toute la première partie de la lecture, mais mon intérêt a baissé durant la deuxième partie, et l'auteur m'a exaspéré dans la troisième.

Le débat est bien évidemment très très vaste. On entend tout et son contraire. 

J'ai aimé la façon dont M. Darnton abordait le sujet dans sa première partie. Remplie d'anecdotes, celle-ci nous parlait de l'usage du livre papier, de ce qui le rend unique, des différentes habitudes qu'il permait. J'ai noté de nombreux petits passages. Mais j'ai aussi beaucoup pensé à la blogosphère "littéraire", aux forums, etc. En effet, Robert Darnton associe lecture et écriture, très étroitement. 

"Lecture et écriture étaient donc des activités inséparables. Elles entraient dans un effort continu pour tirer un sens des choses car le monde était empli de signes, et vous pouviez y lire votre chemin ; en tenant registre de vos lectures, vous faisiez un livre de votre cru, marqué du sceau de votre personnalité."

"Tout gentleman se doit d'avoir trois exemplaires d'un livre : un à exposer (et il le gardera probablement dans sa maison de campagne), un autre pour son usage et un troisième mis à la disposition de ses amis." Richard Heber.

Ensuite... et bien, ensuite, je me suis perdue. J'avais l'impression que Darnton, pour assurer qu'il est bien calé sur le sujet, rajoutait trop d'anecdotes. Bon, je reconnais qu'elles me touchaient bien moins que pour le chapitre précédent. Mais du coup, les propos n'étaient plus très clairs. Et puis, le ton en devenait pompeux aussi.

Et puis, si les propos du dernier chapitre m'ont paru plus clair, je me suis focalisée sur l'égo de l'auteur (il y démontait un texte sur le même sujet, d'un de ses "confrères"), et j'ai trouvé ses arguments et ses contre-arguments guère plus pertinents que ceux dudit confrère.

Note négative donc, pour la fin du livre. Mais je pense que pour celui qui veut aborder la question des changements amenés par le numérique, ce texte est à mettre dans la pile à lire. Cela dit, comme pour chaque essai, il est important de garder un esprit critique !
 
Références :
Auteur : Robert Darnton
Titre : Apologie du livre. Demain, aujourd'hui, hier
Genre : Essai
Édition : Folio
Mon appréciation : Moyen

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