mercredi 15 janvier 2014

Les Mémoires d'Elizabeth Frankenstein - Theodore Roszak


"Quelle activité étrange que de tenir un journal qui rend compte de la vie plutôt que de la succession des jours. Ce sont les annales de la dimension mentale du temps. Un fugitif instant d'espérance, de joie, ou de peur peut déclencher un torrent de mots ; des livres entiers ne suffiraient pas à inscrire ce qu'on glane d'un unique instant d'étonnement."
 

Quatrième de couverture
 
Recueillie par la baronne Frankenstein, la jeune Elizabeth est introduite dans le monde secret des sorcières et initiée à l'alchimie, aux lois de la nature et à celles du corps humain. De son côté, Victor, fils légitime de la baronne, ne jure que par la raison et le savoir : il prétend pouvoir créer une vie qui ne naîtrait pas du ventre de la femme mais de la science. C'est finalement un monstre que va créer ce nouveau Prométhée...
Après La conspiration des ténèbres, Theodore Roszak signe là un roman d'une intelligence diabolique, gothique, féministe, dans lequel il rend un vibrant hommage à Mary Shelley


Mon (humble) avis
 
Alors que je retapais le quatrième de couverture, j'ai réalisé qu'il était assez justement rédigé. Surtout la dernière phrase. On est bien ici en présence d'un roman sombre, tout à fait gothique, très féministe. Et l'hommage à Mary Shelley se ressent très fortement, notamment dans ces deux caractéristiques.
 
Dès l'abord, l'auteur nous propose une petite explication de sa démarche. Le roman Frankenstein est la voix des hommes. C'est un explorateur qui rencontre Victor Frankenstein et recueille son récit pour nous le transmettre. Et, beaucoup de lecteurs contemporains de la publication ont bien cru que c'était Percy Shelley, le mari de la véritable auteur, qui l'avait rédigé...
 
Malgré cette volonté de faire parler les femmes, Theodore Roszak reprend tout de même Robert Walton pour présenter le récit d'Elizabeth. C'est au travers de cet homme, intrigué, et ses recherches pour en savoir plus sur la mystérieuse fiancée de Victor, que le voyage d'Elizabeth nous est livré.
 
Et quel voyage ! Abandonnée dans une famille de gitans par des parents coincés par les conventions, elle est recueillie dans une nouvelle famille qui semble équilibrée, et qui peut lui apporter la sérénité. Ce qui ne va pas se exactement arriver.

Le milieu qu'elle fréquente, alors qu'elle est encore jeune, est, d'une part, celui de scientifiques, d'expérimentateurs que sont père adoptif invite chez lui, en vue de discussions animées et fascinées. Mais, d'autre part, lorsqu'elle atteint une certaine maturité, sa mère adoptive, captivée par la science, l'initie aussi à une sorte de culte de la nature (un peu comme la Wicca) lié à l'alchimie.

En découle des moments très particuliers, des rites, des apprentissages. Et un destin commun avec Victor. Ce qui va embrouiller leur relation, à bien des niveaux, et sur le long terme.

Ce qui m'amène à cette remarque : si on sait que Victor fait des recherches, elles ne nous sont pas expliquées en détails. On reste vraiment sur les connaissances qu'à Elizabeth des événements. Victor part faire ses études, et de plus, suite à différents événements, ils ne communiquent pas vraiment aisément.

J'ai mis du temps à lire ce livre, mais avec le recul, je peux dire que je l'ai vraiment beaucoup apprécié. Il s'agit véritablement d'un roman gothique, avec une atmosphère lourde, angoissante, très sombre. Qui correspond bien à mes souvenirs de lecture de Frankenstein. Le tumulte des sentiments, l'endroit (les montagnes, la nature sauvage), le climat aussi. Bref, l'ambiance y est.

Si vous êtes fan des premiers romans gothique, Ann Radcliff, Walter Scott, et de Mary Shelley, n'hésitez pas une seconde à tenter l'expérience.


Références :
Auteur : Theodore Roszak
Titre : Les mémoires d'Elizabeth Fankenstein
Genre : Fantastique
Édition : Livre de Poche
Mon appréciation : Très bien 

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